Pourquoi le conflit au Haut-Karabakh attire-t-il tant les grandes puissances ?

Le Haut-Karabakh a été ces dernières semaines un foyer de guerre entre Azerbaïdjan et l’Arménie. Chacun des deux pays veut conquérir ce territoire. Mais le plus étonnant est le grand intérêt qu’accordent certaines grandes puissances comme la Russie, la Turquie et l’Union européenne à cette situation. L’on se demande si elles s’intéressent à cette crise géopolitique pour faire régner la paix ou ce sont les intérêts qui justifient leur présence.

La Russie dans un rôle de médiateur

Si la Russie intervient dans ce conflit entre Azerbaïdjan et l’Arménie, c’est d’abord pour des raisons historiques. Afin de bien comprendre cette histoire, il faut remonter encore plusieurs décennies en arrière. En 1918, l’URSS dirigée en ce temps par Staline a divisé ce territoire du Caucase en trois parties : Azerbaïdjan, l’Arménie et la Géorgie.

Cependant, comme l’on pouvait le constater ailleurs en cette période de colonisation, cette division du Caucase n’a pas tenu compte des réalités ethniques. Du coup, la région du Haut-Karabakh, bien qu’elle soit proche de l’Arménie, s’est retrouvé dans Azerbaïdjan.

Un positionnement territorial que les populations de cette région n’ont jamais accepté. C’est pourquoi juste au lendemain de l’éclatement de l’URSS, le Haut-Karabakh s’était auto proclamée république indépendante en affichant son rapprochement avec l’Arménie. Ce qui a donc provoqué à plusieurs reprises la guerre entre Azerbaïdjan et l’Arménie. Ce qui contraint chaque fois la Russie à jouer le rôle de médiateur.

Le gaz et le pétrole, l’autre convoitise des grandes puissances

Le Caucase est une région stratégique. Située entre l’Asie et l’Europe, cette partie du monde est essentiellement riche en pétrole et en gaz dont une grande partie se situe sur le territoire d’Azerbaïdjan. Plusieurs pays européens dont la Turquie sont alimentés par ce pétrole et le gaz azerbaïdjanais. Il est donc important pour ces pays bénéficiaires d’intervenir dans le conflit afin que l’Azerbaïdjan se concentre toujours sur la production et la distribution de ces ressources dont ont besoin la Turquie et l’Europe.